12 mai 2013

Une sortie à Huntingdon



L’autre jour, je suis allé voir un spectacle de Jordan Officer dans un endroit particulier: Grove Hall à Huntingdon.

C’est une salle de spectacle installée dans une ancienne église dissimulée derrière un bâtiment commercial, dans le centre-ville d’Huntingdon.

L’église a été construite en 1861 et a été convertie en salle de spectacle il y a quelques mois. C’est un joli bâtiment en pierre entouré d’un magnifique jardin donnant sur la rivière Châteauguay.

Si je comprends bien, c’est un couple qui a racheté le bâtiment et en a fait un centre culturel privé. On ne peut que les saluer pour ça...

C’est assez particulier d’aller «vieiller» à Huntingdon. Mettons que c’est plutôt tranquille. Durant l’entracte du spectacle, on s’est promené dans le centre-ville où régnait un calme presque total. Et on était un samedi soir!

Jordan Officer a longtemps été la guitariste de la chanteur de jazz Susie Arioli. Comme tête d’affiche, il donne plutôt dans le rythm and blues et d’autres styles connexes comme le western swing. 

Il chante convenablement, mais il donne surtout un show de guitare électrique. Son jeu est original et inventif... mais disons qu’il faut aimer la guitare parce que c’est elle la vraie vedette du spectacle. 

5 mai 2013

Du jazz à la Maison Trestler


Jeudi dernier, je suis allé entendre la chanteuse de jazz Virginie Cummins à la Maison Trestler de Vaudreuil-Dorion. C’était le premier de trois spectacles de jazz présentés à cet endroit ce printemps.

À la Maison Trestler,  les concerts on lieu dans un genre de hall pouvant accueillir 140 personnes. C’est un assez bel endroit pour entendre de la musique.

La maison elle-même date du début de 18ième siècle et c’est un impressionnant bâtiment de pierres dans laquelle j’ai eu du plaisir à me promener. J’ai trouvé qu’il faisait pas mal chaud dans le hall où avait lieu le spectacle, par contre. Et on est juste au mois de mai!

Virginie Cummins est une chanteuse avec une voix riche et suave. J’ai bien aimé ses interprétations de standards jazz... et un peu moins aimé quand elle a fait des chansons plus pop. La voix est toujours juste et accrocheuse. Mais une chanson pop, ça reste une chanson pop. C’est un filon moins riche à miner. Mais bon, c’est une question de goût.

Cela dit, cette fille-là a l’air d’être allumée sur ce qui se  passe dans le monde du jazz. Elle a parlé de Cyrille Aimée, une chanteuse française qui fait sensation en ce moment aux États-Unis.

Ce n’était pas mon premier spectacle à la Maison Trestler. Il y a quelques semaines, je suis allé voir le violoniste Sergeï Trofanov jouer de la musique tzigane et russe, accompagné par sa femme au piano. 

C’était un brunch du dimanche et j’ai bien aimé la formule. On a pu amener fiston Arthur et il a écouté plusieurs morceaux avant de réclamer sa console de jeu vidéo!

Ce jeudi, c’est le groupe Men in Jazz qui est à la Maison Trestler. Et le jeudi suivant, c’est la chanteuse Jewell McKenzie.

1 avr. 2013

Du jazz au Clarendon


La fin de semaine que je viens de passer à Québec m’a donné l’occasion de découvrir un autre endroit où entendre du jazz dans la ville du maire Labaume: le lounge du vénérable hôtel Clarendon, en plein coeur du Vieux-Québec. 

Premier constat: l’endroit mériterait une cure de rajeunissement qui lui rendrait tout son lustre d’antan. C’est parfait que le décor soit vieillot, en particulier pour assister un spectacle de jazz. Mais pour qu’on se sente vraiment transporté dans les années 40, il faudrait qu’on sente un peu moins la patine des années. Et que la carte des cocktails contiennent davantage de grands classiques comme le Old Fashioned ou le Manhattan. 

J’ai quand même bien aimé les gros fauteuils confortables entourant la plupart des tables et les grandes baies vitrées donnant sur l’hôtel de ville de Québec. Et j’ai tout simplement adoré le récital que nous ont livrée la chanteuse Gabrielle Shonk et le guitariste Jessy Caron.

Mademoiselle Shonk manie sa voix comme un virtuose manie son instrument. Et son acolyte l’accompagne avec brio et inventivité. Incroyable qu’un humble duo arrive à créer une expérience musicale aussi captivante.

J’ai aussi aimé leur répertoire composé de standards de jazz... pas trop standards. Bien sûr, ils ont joué quelques airs qu’on entend très souvent comme Corcovado ou Fever. Mais j’ai aussi découvert plusieurs chansons que je n’avais jamais entendues.

En ce moment, il y a du jazz au Clarendon les vendredis et samedis soirs de 21 heures à minuit. Excellente façon de passer une soirée dans le Vieux-Québec. 
 

21 mars 2013

Au pays des Soviets


Quand je suis allé passé quelques jours à Toronto, j’ai aussi fait un crochet... en Union Soviétique!

En allant prendre un verre au Pravda Vodka Bar, un bar qui donne à fond dans la «nostalgie soviétique».

Pour diriger un pays, les Bolcheviques ne valaient pas un clou. Par contre, je trouve qu’ils étaient assez doués pour le design. Pensez au somptueux rouge du drapeau soviétique. À la faucille et au marteau. À l’art constructiviste montrant le peuple en marche et la toute-puissante Armée Rouge. Et aux statues de Lénine.

C’est dans cette iconographie qu’on se retrouve plongé au Pravda Vodka Bar. Ici, le camarade Lénine veille sur la plus grosse collection de vodkas de Toronto. La faucille et le marteau trônent au-dessus d’un joli bar. Et on peut revoir les gros sourcils de Léonid Brejnev et la tache de vin de Mikhaïl Gorbatchev.


C’est l’URSS comme elle n’a jamais existé – c’est-à-dire riche et confortable. Le bar est sur deux niveaux, ce qui le rend encore plus impressionnant. On y sert de la vodka, bien sûr, mais aussi des cocktails et de la nourriture – y compris quelques plats russes comme le caviar et le poulet à la Kiev.  J’ai même vu sur le menu des «Putin fries». Oui, ce sont des frites avec du formage... mais du fromage feta.

Bref, c’est comme un tiki bar - dans le sens où on est plongé dans un décor exotique qui évoque une certaine réalité mais qui est complètement artificiel. Et aussi parce qu’on a envie de se promener un peu partout pour examiner tous les éléments décoratifs.

Un détail que j’ai apprécié: tous les cocktails maison portent des noms évocateurs comme «Sputnik Cream-Sickle», «Red Square» ou «Trotsky Lemon Berry Martini». Et dans la description qu’on en donne sur la carte des cocktails, il y a quelques lignes expliquant la référence historique.

Le bar sert un excellent Caipiroska, version russe du cocktail national du Brésil, le Caipirinha. Dans un Caipirinha, on met de la cachaça, un alcool fait avec de la canne à sucre. Dans un Caipiroska, on met plutôt de la vodka.

Le Caipiroska du Pravda Vodka Bar contient aussi des fraises pilés et du basilic. La vodka y fait ce qu’elle fait de mieux: ne goûter rien. Et ça donne un cocktail que ma blonde, qui n’aime pas tellement le goût de l’alcool, a adoré.

Il paraît que le venderdi et samedi, l’endroit est hyper fréquenté et plutôt désagréable. Nous on y est allé tôt un mercredi soir et c’était agréablement tranquille. Pour profiter du décor, c’est idéal.

15 mars 2013

Mini bar... à cocktails


 À Toronto, il y a un bar à cocktail qui s’appelle... le Cocktail Bar.

Malgré ce nom simple, l’établissement sert des cocktails sophistiqués. C’est un des bons endroits pour prendre un verre à Toronto.

Le Cocktail Bar occupe un tout petit local sur la rue Dundas Ouest, pas tellement loin du centre-ville. Il faut le savoir parce que sa «signalisation» se limite à une petite enseigne lumineuse installée au bas d’une fenêtre.

C’est vraiment un petit bar avec une rangée de table et un comptoir flanqué de tabourets. Il y de la place pour environ 30 personnes environ. C’était presque plein quand on y est allé un lundi soir vers 21 heures.

La décoration est sobre. Les murs sont blancs. Le plafond est recouvert d’étain ouvragé. Et  derrière le bar il y a des armoires où sont rangés des bouteilles et des jarres dans lesquelles on fait infuser de l’alcool – ce que les bars ontariens ont le droit de faire, contrairement à ceux du Québec. Ça donne l’impression d’être chez un apothicaire du bon vieux temps.

La carte de cocktails est surtout composés de vieux classiques. Des indémodables comme le Old Fashioned, le Manhattan et le Negroni. Et des «sortis des boules à mites» comme le Boulevardier, le Vieux Carré et l’Aviation. 

Il y a aussi quelques créations originales et je me suis régalé en goûtant un Cachaça Sour qui, en plus du célèbre alcool brésilien, contenait de l’Aperol, de l’amer Boker’s et un blanc d’œuf.

J’ai aussi pris un cocktail à base de gin infusé à la lavande qui était pas mal... même si le goût de la lavande évoque immédiatement les produits nettoyants!

Ajoutez à cela du bon vieux jazz qui joue juste assez fort pour qu’on puisse jaser sans problème et ça donne un bar où j’irais volontiers prendre un verre toutes les semaines. Allez y trinquer à ma santé si vous visitez Toronto! 

2 févr. 2013

Du jazz sur l'île Perrot


Comme j’habite à l’île Perrot, pour moi aller entendre du jazz, ça veut généralement dire faire de la route jusqu’au centre-ville de Montréal.

Alors imaginez à quel point je suis content qu’il y ait maintenant ici à l’île Perrot un restaurant qui se transforme en «jazz club» la fin de semaine.

Ce restaurant-là, c’est le Zento – où on sert d’excellents sushis et d'autres plats asiatiques. Qu’on peut désormais déguster en écoutant des standards de jazz, les vendredis et samedis soir. Grâce à Caroline Racicot et ses musiciens.

Le resto a été agrandi et rénové récemment.  C’est un des rares endroits dans le west island où règne une certaine «ambiance». La déco est dans le style «asiatique moderne» et réussit à nous faire oublier qu’on se trouve dans un local de centre commercial. 

J’ai même eu la surprise de découvrir un «Mai Tai» sur la carte de cocktail de l’établissement. J’en ai commandé un et qu’on m’a servi ne goûtait pas du tout comme un vrai Mai Tai... mais c’était plutôt bon. 

Bien sûr, la magie opère pas mal plus quand il y a de la musique. Mademoiselle Racicot et ses musiciens font surtout des standards de jazz et des classiques de la bossa nova. Et aussi quelques chansons françaises comme Que reste-t-il de nos amours et C’est si bon. Ça fait plusieurs fois que je les entends et c’est toujours agréable à chaque fois. Une belle voix féminine, c'est encore mieux qu'un cocktail pour détendre son homme. 

Fiston Arthur est aussi un fan. Ça lui arrive de se lever et de se trémousser... et il applaudit après toutes les pièces!

La bonne nouvelle, c’est que le groupe est «booké» au Zento tous les vendredis et samedis jusqu’en juin. Les endroits où on peut aller entendre du jazz avec un enfant de cinq ans sont plutôt rares. Alors je pense qu'on va devenir des réguliers.   

22 janv. 2013

Bar secret, cocktails obscurs


 On dirait que la mode des bars à cocktails raffinés et des «faux speakeasies» déferle enfin sur Montréal.

Quelques bars dans ce genre-là ont vu le jour au cours des derniers mois et l’autre jour j’en ai visité un qui m’a charmé. Je vous donnerais bien son nom, mais il en a pas encore. Il se trouve au 5295 avenue du Parc. Il faut le savoir parce que l’établissement n’a pas d’enseigne non plus.

Pourquoi autant de discrétion? Le barman avec qui j’ai jasé m’a dit que c’était davantage pour laisser au bar le temps de «se trouver» plutôt que pour avoir l’air cool et clandestin.

Le gars portait un complet et de longues moustaches recourbées de la fin du 19ième siècle. Et la carte qu’il m’a tendu ne contenait que d’authentiques cocktails classiques qu'on n'a pas souvent l'occasion de boire à Montréal. Disons que ça commence bien une soirée.

Côté décor, le bar nous offre un deux pour un sur l'exotisme. Parce qu'il nous plonge dans deux «ambiances» complètement différentes.

Dans l’espace où il y a le bar et qui donne sur la rue, on se croirait dans un bar du Cuba d’avant la révolution où Hemingway enfilaient les Papa Doble. Il y a de grandes plantes tropicales, des tables rondes entourées de chaises en osier et des lampes suspendus au dessus du comptoir qui créent une ambiance feutrée.

L’autre salle, au fond du bar, est encore plus exotique. C’est une alcôve dans le style «Mille et une nuit» à laquelle on accède en passant par une magnifique portique arrondie.

Bref, on peut faire comme James Bond et «sauter» d'un continent à l'autre en l'espace de quelques secondes. L’endroit était agréablement tranquille un samedi soir vers 21h et j’ai pu déguster à mon aise deux obscurs cocktails classiques que je n’oserais jamais commander dans un bar «normal».

Ça c’était mon Martinez – une relique d’avant la Prohibition combinant gin, vermouth rouge, liqueur de marasquin et amer Angostura.

J’ai aussi pris un Vieux Carré, un cocktail originaire de la Nouvelle-Orléans contenant, entre autres, de l’amer Peychaud – un ingrédient absolument impossible à trouver au Québec.

Le Vieux Carré a été inventé en 1938 par un certain Walter Bergeron à l’hôtel Monteleone. Où on peut toujours le bar en «montant à bord» de ce magnifique bar-carroussel qui, heureusement, tourne à très basse vitesse.

J’ai beau détester les manèges, j’aimerais bien essayer celui-là!